Orage d'été

dimanche, février 26, 2006

Films


J'ai vu :
- Les poupées russes et L'auberge espagnole (dans cet ordre...). Le premier m'a fasciné et beaucoup fait rire, alors qu'en général Klapisch me laisse un peu sec. Le petit me disait : "Papa, arrête de rire, je n'arrive pas à dormir" ! Je précise qu'il m'entendait depuis sa chambre, et que j'étais dans la mienne.
- Elie & Semoun : je suis déçu (les suppléments au DVD sont une vraie supercherie).
- Atomik Circus. Le retour de James Bataille. Un film passé inaperçu avec Marielle, Paradis, Poelvoorde. Un film totalement déjanté. Série Z. En général, je déteste ce genre de navet matiné d'humour et de fantastique à trois francs. Génial. Vanessa divine lorsqu'en chante au milieu de ce taudis tropical. J'aimerais la BO. J'adore les BO. Ici, les morceaux sont censés être ironiques et stupides, mais ils sont profonds et beaux.
- Walk the line. La vie de Johnny Cash. Celui-là, je l'ai vu au cinéma. Elle est si belle. Leur amour est si profond. Il est tellement sûr. Ils sont morts, des décennies plus tard, à quatre mois d'intervalle l'un de l'autre.

Rêve de février

J'ai longuement rêvé.
Un cinéma. Je suis à côté de quelqu'un, avec qui je parle, mais je ne sais pas qui. J'ai un gros sac à dos. On regarde ce film. Je décide de sortir, le film me semble long, j'ai besoin d'air quelques minutes. Je sors de la salle. Je me retrouve dans les couloirs noirs du cinéma. Je reviens après quelques minutes. Le film est fini. Je parle avec ma voisine, qui me confirme que c'est fini. J'ai raté un moment décisif, de toute évidence. Ca doit être une série, il y aura des suites. Je me dis.

Dans la rue, il y a du monde, ça bouscule un peu. On se trouve dans une sorte de campus. Quelqu'un m'aborde pour lui demander d'aller passer un examen à sa place. Je lui explique que je joue gros, que je joue ma place. Il insiste. Je répète.

Je continue à marcher. A un moment, je décide de faire entrer mon sac à dos dans mon sac à roulettes. Il est vert, mais c'est le sac à roulette de mon fils. Je tente de faire rentrer l'un dans l'autre. Mais le sac à dos est plus gros. Ca ne rentre pas vraiment. Je ferme la fermeture éclair du sac à roulettes malgré tout. A ce moment, deux policiers me demandent mes papiers et ce que je transporte. Nous nous asseyons sur un banc de pierre. Je dois ressortir mon sac à dos, leur montrer tout ce que j'ai. Je suis un peu suspect. Je leur dis que j'ai un ordinateur. Mais je ne parviens pas à le trouver. Je me demande si l'étudiant qui m'avait demandé de faire son examen ne m'a pas piqué l'ordinateur. Je finis par le retrouver dans un autre sac. Je l'allume. Il était en veille, il s'allume. De la musique reprend. "Regardez, c'est un très vieil ordinateur, des années 1980. Vous ne trouvez pas ça fabuleux?"Ils trouvent anormal que j'ai tant d'icônes et de vignettes de photographies. J'explique que je m'en sers pour, d'une certaine façon, sémantiser mon corpus de fichiers. Pour eux, je vois bien que c'est étrange, cette convergeance entre un aspect informatique très pro et un domaine très ludique/sentimental/enfantin/image.

Il y a ensuite une coupure. J'apprends, je ne sais trop comment, que mon père est mort. A ce moment précis, je montre la ville L. à des amis. Nous montons la rue P., la rue de mon enfance. A ce moment, je leur dis : "Connaissez vous D. ? Il habite là, juste à droite, c'est un artiste, c'est mon père, il vient de mourir". Je les laisse partir devant et je me tourne vers ma maison d'enfance. A travers la grande vitre de l'atelier de mon père, je vois des amis de mon père qui sont en train de ranger ses affaires et de repeindre l'atelier. En blanc. J'entre, leur fais un énorme sourire, j'ai plaisir à les retrouver. Je leur fais trois bises, lentes et tristes, en leur mettant la main sur l'épaule, voire en les serrant contre moi. Trois bises, alors qu'à L. on en fait 1 et là où je vis on en fait 2. 3, c'est ma ville de naissance, la ville que je viens de quitter cet été. Je leur demande de quoi il est mort. Je crois que je n'écoute pas la réponse. Je ne sais donc toujours pas de quoi il est mort.

Je vois qu'ils ont beaucoup rangé. La grande presse a disparu. Je m'en inquiète. Ils me répondent qu'ils l'ont retirée. La pièce est beaucoup moins encombrée, l'armoire à tiroirs n'est plus là. Je découvre qu'il y a une quantité incroyable de photographies. Toute mon enfance est là. Ma mère est derrière moi. Nous rangeons les photographies, rapidement, en les plaçant au fond de la pièce. Celui qui rangeait met le feu à un gigantesque arbre avec une sorte de seau plein d'essence. Ca brûle très vite. Ca embrase l'arbre et l'énorme tas de bois, bien rangé, qui était à ses pieds. Je me dis que ça doit aller à cette vitesse un feu de forêt. Je m'inquiète de l'embrasement possible des arbres voisins. Cette scène est impossible dans la configuration réelle des lieux, mais l'arbre et les arbres voisins sont, de toute évidence, ceux du jardin de notre première maison dans ce pays.

Dans les photographies, je découvre tant de choses que je me dis qu'il faudrait que je repousse la sortie de ma th. pour intégrer tous ces nouveaux éléments. Ma mère commente les photographies en m'expliquant que ce n'est jamais nous qui sommes pris en photo au début des albums, mais toujours des amis. Je ne réponds pas. Je n'en sais rien.

samedi, février 25, 2006

Un petit tour

- L e p e t i t g a r ç o n m ' a b e a u c o u p é m u h i e r . I l p e n s a i t t e l l e m e n t à s e s j e u x v i d é o s ! E t s a m è r e l u i a i n t e r d i t b r u t a l e m e n t d e j o u e r , a u p r é t e x t e q u ' i l a v a i t é t é r â l e u r a u p a r a v a n t . J ' a i t r o u v é ç a i n j u s t e e t t r è s d u r . M o n s i p e t i t p e t i t .
- J e n ' a i p a s v u C l a u d i a ( s a u f q u a n d o n s e v o i t p a r o b l i g a t i o n p r o f e s s i o n n e l l e , c e q u i n e c o m p t e p a s ) d e p u i s u n e b o n n e d i z a i n e d e j o u r s . J e n e s a i s p a s c e q u e n o u s a l l o n s f a i r e d e n o s v i n g t d o i g t s e n s e m b l e . S i c e t t e h i s t o i r e v a d e v e n i r s i m p l e . O u s i s a f r a g i l i t é e t m a f r a g i l i t é v o n t c o n t i n u e r à g r i n c e r.

vendredi, février 17, 2006

Papa, je t'aime de la terre au soleil!

- Papa, je t'aime beaucoup beaucoup beaucoup!
- Moi aussi mon chéri.
- Ca fait trois fois beaucoup!
- Ah oui, c'est vrai.
- Papa, je t'aime de la terre au soleil!
- Et moi je t'aime du soleil à la terre!
- Alors c'est pareil. (mine réjouie). Sauf si ce n'est pas le même endroit de la terre.

Pas de doute, c'est le fils de son père, il coupe déjà les cheveux en 4.

jeudi, février 16, 2006

Papa, est-ce que toi et maman vous pourriez vous regrouper?

- Papa, est-ce que toi et maman vous pourriez vous regrouper?
- Comment ça, nous regrouper? Tu veux dire, habiter ensemble?
- Oui. Ca serait bien. J'ai très envie.
- Mais papa et maman se sont séparés, tu sais. Tu sais pourquoi?
- Parce qu'il n'y avait pas assez de place. Mais maintenant, avec la nouvelle maison, on aura assez de place!
- Ce n'est pas pour une raison de place, mon petit bout. Papa et maman sont tombés amoureux il y a très longtemps. Tu comprends ce que ça veut dire?
- Oui je connais l'histoire des amoureux!!!
- Ils se sont aimés longtemps. Un jour, ils ont voulu avoir un enfant. Et un petit garçon est né, il s'appelait A. C'est toi, mon petit chéri en sucre. C'est là qu'on a emménagé dans la maison avec le jardin.
- Je me souviens de la maison.
- On a continué à vivre, on a beaucoup travaillé, on a fait plein de choses. Puis, un jour, on ne sait pas trop pourquoi, on n'était plus amoureux. C'est pour ça qu'on s'est séparés. Mais l'amour qu'on a pour toi ne cessera jamais.

Puis il s'est remis à lire Yakari et moi à regarder les Poupées russes. C'est dur à expliquer! J'avais acheté un livre C'est une histoire d'amour qui était censé m'aider à expliquer ça à mon fiston. Mais non, je l'ai reçu et tout de suite remisé. Il est mauvais, con, stupide, ce livre. Je préfère mes maladresses à cette bouillie.

Kingdom of heaven





Les poupées russes



lundi, février 13, 2006

Ca sert à quoi les enfants ?

Au moment du dernier bisou, avant le dodo.
- Papa, ça sert à quoi les enfants?
- Euh, les enfants ça sert à être l'avenir du monde, tu comprends?
- Non.
- Euh, ce sont les enfants qui feront le monde de demain, tu vois.
- Mais alors on va faire une nouvelle planète?
- Non, simplement, ce sont les enfants qui seront grands demain, qui construiront les villes, les voitures, qui enseigneront aux enfants.
- Oui, mais aujourd'hui, à quoi ils servent les enfants?
- Ils servent à donner de l'espoir aux adultes, parce que les enfants feront le monde de demain.
- Ah c'est pour demain demain demain!

A la réflexion, ma réponse est trop utilitaire. Il faudra que je lui dise que les enfants, ça "sert" à donner et à recevoir de l'amour, des bisous et des calins.

dimanche, février 12, 2006

Claudia et lui

Claudia et le fils, hier, à la plage

Jouet dans chantier




















Image par Petit Baigneur.

lundi, février 06, 2006

Nous jouerons ensemble

Tes parents n'ont pas été à la hauteur de l'amour qu'ils disent te porter. Ton père a négligé ta mère. Ta mère n'écoutait pas les désirs de ton père. Ton père n'écoutait que ses désirs de reconnaissance. Ta mère a trouvé un amant. Ton père n'a su que faire. Ta mère a fabriqué des rêves avec lui qu'elle avait formulés avec ton père. Ton père avait refusé, plusieurs fois, d'acheter une maison. C'était une lubie chez elle. La maison du bonheur. Ta mère voulait plusieurs enfants, une maison, un jardin. Ton père n'a fait que travailler. Ton père fuyait cette vie qui ne contenait aucune invention. Ton père fuyait aussi toute matérialité. Ton père t'aimait beaucoup.
Troué de toutes part, ton père est parti. Il aurait décidé de rester, l'humiliation l'aurait rongé. Et tu aurais senti que ton père restait pour toi. Rien que pour toi. Ta mère aurait pu faire un effort, après une ou deux années à se taper son amant le soir, et à s'endormir à côté de son mari, l'eunuque, la nuit. Ton père aurait pleuré. Qu'ils se soient séparés, ou que la passion se soit évanouie avec l'amant, tout était cassé. Ton père a pensé avoir le courage qu'il fallait, en partant. Ta mère a osé dire qu'il était parti très vite, trop vite, comme si elle n'avait rien fait. Comme si elle n'avait pas déjà avoué ses rêves de grossesse et de maison avec ce quasi-inconnu, cet homme, cet intrus.

Ton père a pris son courage dans ses mains. Il a quitté la maison. Il a essayé d'être digne, droit, fiable. Il ne l'a pas toujours été. La violence de la douleur aveugle. Il a survécu, c'est déjà ça.

Ton père construira une vie et le modèle qu'il te proposera sera digne de toi. Mon fils. Ton père ne perdra pas sa vie. Il ne réussira pas que sa vie professionnelle. Il réussira aussi sa vie personnelle. Et ça ne se comptera pas en nombre d'amis, de maîtresses ou d'années de nouveau mariage. Ce sera plus délicat, plus fin, plus sensible, plus gentil. Il aura réussi s'il a pu aimer. Aimer, tout court, aimer une femme, ou aimer des femmes, t'aimer, toi, l'enfant, ou vous aimer vous, les enfants; aimer la vie, le ciel, la mer, le soleil, le vent, le froid et le chaud; la vaisselle, la cuisine, les rires, les pleurs, l'intensité de la vie; la confiance dans les hommes, la confiance dans les femmes; la générosité; la faiblesse d'aimer; la force d'aimer; aimer se lever, aimer un petit café, aimer une goutte de lait, un chocolat, un effort de muscle, un orgasme, une caresse, une petite blague, une danse, un habit, une beauté, un sein, un jeu.

Nous jouerons ensemble. Nous inventerons la vie. Nous inventerons et je te montrerai un chemin. Un chemin de terre, qui monte, qui monte, qui monte. Tu me verras grimper. Tu auras la maison du bonheur de maman, et l'appartement du bonheur de papa. Tu auras le choix entre le piano, le violon et le couscous, d'une part, et l'ordinateur, la plume et le jeu d'échec, d'autre part. Ce sera une grande richesse pour toi. Ce sera un petit peu le prix de la fêlure que nous t'avons, tous deux, imposée. Ton papa-ton-père, dis-tu parfois, ta maman-ta-mère dis-tu aussi, ils continuent à t'aimer. Tu n'es pour rien dans leur séparation. Ils ne t'ont pas quitté. Ils t'aimaient. Ils te voulaient d'amour. Ils t'aiment toujours d'amour. Si, parfois, la vie leur a donné tort, ils continueront toujours, chacun de leur côté, et chacun tous deux ensemble, à t'aimer jusqu'au bout du monde.

samedi, février 04, 2006

IVG

Claudia a une amie qui était enceinte. Les médecins se sont rendu compte, vers le septième mois je crois, que l’enfant était trisomique et souffrait de très graves malformations. Il lui manquait des organes vitaux et n’aurait probablement pas pu vivre. Ils ont décidé de faire une IVG thérapeutique. Elle a accouché d’un enfant mort.

vendredi, février 03, 2006

Paroles d'A.

Mode normal : "Papa, je voudrais un câlin".
Mode allez, s'te plait : "Papa, câlin".
Mode je vais te convaincre tu vas voir : "Papoune, un gâtounet!".

jeudi, février 02, 2006

Films

J'ai commencé à ajouter quelques commentaires sur les films, de façon rétrospective.
J'en mettrai sans doute, désormais.

Mon petit citron de plume

Mon petit citron de plume,

J'aime bien entendre ta voix au téléphone. Quelle veine, d'avoir de la neige à AXXX! Ici, à PXXXX, il n'y en a pas. Est-ce que tu crois que tu pourrais mettre un peu de neige de côté pour moi? Tu verras, ce n'est pas facile de conserver la neige. Crois-tu que ça se conserve?

Maman m'a dit que tu avais demandé s'il y aurait une fin du monde un jour. Elle t'a sûrement répondu, déjà. Voici ma réponse à ta question. Le monde a commencé il y a très très longtemps, il y a cinq milliards d'années, dans une grande explosion incroyable. Le monde s'arrêtera dans très très longtemps, dans cinq milliards d'années, parce que le soleil aura brûlé tout son combustible. Nous nous trouvons donc exactement au milieu du monde. Le monde a commencé il y a tellement longtemps que les grands-parents des grands-parents des grands-parents de nos parents ne vivaient même pas au début du monde. Le début du monde, rends-toi compte, c'était avant les châteaux forts, avant les vikings, avant les Romains, avant les Gaulois (d'Astérix), avant les hommes préhistoriques, avant les dinosaures, avant la formation des montagnes, même! C'est fou. Et la fin du monde, ce sera même après que tes enfants aient eu des petits enfants, qui auront eu eux-mêmes des petits petits enfants. Il y aura eu tout plein d'inventions! Peut-être même qu'il y aura à nouveau des dinosaures! Et si les hommes sont malins, d'ici-là, ils auront inventé de superbes vaisseaux spatiaux pour aller dans un autre monde. Bien plus loin que la lune, bien plus loin que Mars, loin, loin, loin dans les étoiles. Peut-être que tes enfants pourront aller dans l'espace, eux? Tu crois?

Je te fais d'énooormes bisous, et n'hésite pas à dire à maman de m'envoyer les questions que tu te poses.
Papa

Réponse
(sur la neige) : il faudrait en ramener beaucoup du Mont XXXXX et la mettre près d'un ventilateur froid très près dans le TGV....
(sur la fin du monde) : avec un peu de chance, je vais aller sur la Lune, moi !
c'est pas vrai qu'il y aura des dinosaures dans le futur ; ils ont été morts un jour, ils ne vont pas apparaitre un autre jour !
(sur un peu tout): je suis allé en Camargue et j'ai vu des flamants roses : je vais t'envoyer une carte postale pour que tu les vois. j'ai vu aussi des taureaux très près ; ils ont pas osé attaquer à cause des barrières.
je t'embrasse
AXXXXX

Alors ça donne ça

Made by Loutre mon amie. Merci, Loutre!