Orage d'été

samedi, juillet 30, 2005

Arrivé !

Journée très éprouvante, avec 20m3 de cartons à transporter, du 9e étage au camion, puis du camion au 2e étage (très étroit, l'escalier). L'aide de L., d'A., de JC, et ponctuellement de B. et J. Pffff. Sous le soleil! Des litres et des litres de perdus! Le sommier ne passe pas : à l'horizontale, à la verticale, à la diagonale, bref bref bref, ça ne passe point. Grosse inquiétude. Il faut rendre le camion, mais que faire du sommier? Ce lit, j'y tiens.
On rend le camion, négocie le dépôt du sommier chez le loueur (si si) et lundi, je loue un nouveau camion, plus petit, pour la migration des meubles et cartons restants, plus le sommier, donc, vers le village maternel. Tout ça est un peu précipié, mais il aurait fallu, sinon, négocier en quelques minutes le prix aux puces. Les choses sentimentales n'ont pas de valeur, c'est bien connu, surtout négociée à la fin d'une journée épuisante, de chaleur et de dépense physique.
Je suis seul, ce soir. N. a autre chose en vue, et pour finir c'est bien mieux ainsi. Une petite faiblesse qui me perdra?
Je vais défaire quelques cartons, remonter une étagère, déambuler, manger, lire, dormir.

mercredi, juillet 27, 2005

En route vers la Ville

Alors que je m'apprête à rejoindre la Ville, alors que les banques commencent à compter, centime après centime, les euros que je vais déposer à leurs pieds pendant ving-cinq longues années pour acquérir soixante-dix mètres carrés situés en plein centre ville, alors que mes cartons sont à moitié faits, à moitié à faire, alors que mon deux pièces de transition m'attend sagemment, repeint à neuf, alors que notre Amour se dissout chaque jour un peu plus, alors que les pépilles qui s'en échappent nourriraient sans doute mille amours de taille et de calibre normal, alors que chaque jour qui nous a rapprochés nous éloigne, alors que c'en est fini de nous, nous qui commençons à peine, alors que ce qui s'évapore c'est l'illusion qu'à deux nous serions plus forts, alors qu'il semble que notre amour a toujours été, et sera toujours, prêt à se rallumer dans soixante-dix longues années, il est temps de se poser. De partir à pied, sur des pavés, cheminer droit devant, vers la mer. Parce que, droit devant, c'est droit devant : il y a l'oubli d'H., le dépassement des amourettes de l'année de deuil, le contournement de l'amour de l'année qui se termine (frappé d'un N. éclatant), il y a le redébut. A nouveau, le début, comme le début du début. Avec beaucoup de choses construites. Pas comme après une guerre. Comme après l'amour, alors que l'euphorie orgasmique n'a pas encore dissipé ses effets. Comme après l'Amour. Parce qu'au-delà, il y a encore l'Amour. Moi qui n'ai qu'un coeur. Moi qui n'en fermerai pas la porte, quoi qu'il m'en coûte.

Vie amoureuse (de Zeruya Shalev)

La vie et rien d'autre (de Bertrand Tavernier)

lundi, juillet 25, 2005

La nuit du chasseur


Je fais des cartons



Je fais des cartons, des tonnes de cartons.

dimanche, juillet 24, 2005

Fenêtre sur l'orage


Ca démarre sous une pluie d'été, un orage dont tu ignores, cher lecteur, s'il apporte la fraîcheur après une étouffante année, ou s'il couvre le soleil d'une année baignée par la soleil. Tu en sauras peut-être plus, plus tard. Pour l'heure, il faut que j'aille patauger les pieds dans l'eau. La gadoue, la gadoue...

Du mois de septembre au mois d'août
foudrait des bottes de caoutchouc
pour patauger dans la gadoue-
une à une les gouttes d'eau
me dégoulinent dans le dos
nous pataugeons dans la gadoue-
vivons un peu sous le ciel gris-bleu
d'amour et d'eau de pluie
et puis mettons en marche les essuie-glaces
et rentrons à Paris-
ça nous changera pas d'ici
nous garderons nos parapluies
nous retrouverons la gadoue-
il fait un temps abominable
Heureusement tu as ton imperméable
et ça n'empêche pas la gadoue-
il fallait venir jusqu'ici
pour jouer les amoureux transis
et patauger dans la gadoue-
vivons un peu sous le ciel gris-bleu
d'amour et d'eau de pluie
et puis mettons en marche les essuie-glaces
et rentrons à Paris-
L'année prochaine nous irons
dans un pays où il fait beau
et nous oublierons la gadoue

Paroles: Serge Gainsbourg 1966
Image by me, 2005.